Le blog de Julien
Des histoires comme on ne croyait pas en vivre, mais que pourtant, on a bien vécues

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Date de création : 22.10.2011
Dernière mise à jour : 22.06.2012
8articles


Le discours de Dakar

Publié le 22/06/2012 à 01:41 par juliendesfaunes Tags : coopération developpement discours de dakar
Le discours de Dakar

Quand on vit et travaille en Afrique, on nous demande tout le temps pourquoi on y est parti, pourquoi on y est resté, qu’est-ce qu’on pense de la situation de l’Afrique, de notre présence, de la coopération, des actions menées par les uns et par les autres.

Eternelles questions auxquelles on ne peut pas répondre.

On ne sait pas quoi dire, même sur nos motivations premières : le goût du voyage, l’appel du Sud, le nègre marrant sur la boîte de Banania de notre enfance, les gênes transmises par notre grand’mère voyageuse, …

Le virus de l’Afrique, aussi, mais ça c’est pour justifier d’y être resté !

Sur le reste, on pourrait dire tellement de choses.

Mais une chose est sure : il n’y a pas de réponse exacte.

Si on avait la réponse, les choses auraient changé depuis longtemps,

Tout aurait changé, le développement serait intégré, partagé, assimilé, entré et ancré dans la culture générale.

Il serait visible et efficace.

Mais ce n’est pas le cas.

Il y a quand même une chose que l’on peut évoquer ici, le développement.

Le développement qui, force est d’en convenir, n’est pas au rendez-vous. Il est dans tous les projets, projets de développement donc, dans les titres, dans les objectifs généraux, dans les stratégies et les méthodologies, certes, mais sur le papier. Dans la réalité, c’est autre chose. Il n’est pas ancré dans la culture générale, ni dans les gènes.

Osons le dire : « les africains ne sont pas ancrés dans une dynamique de développement, ni dans une logique de développement ». 

Le développement, c’est la pierre angulaire de l’évolution des sociétés, du progrès, le socle indispensable du travail, de la motivation au travail, de l’acquisition de compétences, de la recherche des meilleures conditions de travail ; pour ne citer que ces quelques aspects. Sans compter que certains facteurs culturels rament à contre sens et compliquent plus encore les choses, comme par exemple, la perception de la propriété de l’espace public. Lequel espace public, dans les pays développés, appartient à tout le monde, alors qu’en Afrique, il n’appartient à personne !

Combien de projets ont échoué car ils n’ont pas pris en compte cette réalité culturelle !  

Le problème du développement est là. Son absence dans les cultures nationales, solidement ancré dans les mœurs et les esprits, contrepartie essentielle des projets de développement, de la coopération et du partenariat, explique pourquoi ces programmes pataugent, n’atteignent pas leurs objectifs, pourquoi les acquis ne résistent pas à la clôture des projets.  Il faut le dire, oser le dire peut-être, risquer de le dire, d’une certaine façon, mais bon, c’est dit : le développement n’est pas au rendez-vous.

Nombreux sont les essayistes qui le pensent, le disent, l’écrivent, l’expliquent, posent la question sur le fait que « l’Afrique pourrait refuser le développement », ou affirment que « l’Afrique a besoin d’un ajustement culturel ». C’est bien la question du développement qui est posée là, en termes social, politique et culturel, à travers ces idées de refus et d’ajustement.

Et Sarkozy, dans tout cela, allez vous dire, au regard du titre de cet article ! Lors du fameux et triste discours de Dakar, adressé à des étudiants, il a fait preuve d’une méconnaissance étonnante des réalités locales, voire d’un profond mépris des jeunes qu’il ne cessait d’interpeller en tant que « jeunes d’Afrique », comme s’ils ne savaient pas qu’ils étaient africains, et est totalement passé à côté de son sujet, le développement, en l’occurrence, pour se cantonner dans un aspect anecdotique et, de surcroît, méchant. Il a pris les étudiants pour des imbéciles, eux qui attendaient un tout autre discours, un discours d’avenir, un discours qui leur donne de la force pour aller de l’avant, et des arguments pour bousculer les traditions.

Il n’avait rien compris au message qu’Henri Guaino avait glissé entre les lignes. Il s’est vautré dans des propos lénifiants, paternalistes, moralisateurs (tout en s’en défendant) aussi ridicules que dépassés, empreints de déculpabilisation vis-à-vis de l’inévitable poids de la colonisation, et pour tout dire, inopportuns.

Et pour finir, il a réussi à évacuer le vrai sujet, celui du développement, et à le ramener à la seule image d’une Afrique qui n’est pas entré dans l’histoire !!!! 

Mais en quoi cela présentait-il un intérêt de dire une chose pareille ? A part de se montrer hautain et vexant. Il a raté le coche et, surtout, l’occasion qui lui était donnée de parler vrai, moderne et fort, à ces jeunes étudiants de la faculté de Dakar loin d’être ce qu’il a donné l’impression de penser d’eux.

Entrer dans l’histoire n’est qu’un effet collatéral du fait que l’on se développe, monsieur le président. Le problème n’est pas d’entrer ou de ne pas entrer dans l’histoire. Cela, on s’en fout. L’important c’est ce qu’on fait de son pays, de sa société, de sa vie, de sa maison, de son travail, de sa famille, pour les rendre plus grands, plus justes, plus agréables, plus confortables, plus performants, plus solidaires, et qui, éventuellement et collatéralement, voire de façon anecdotique, fait qu’on entre dans l’histoire. Il était idiot et pas du tout pertinent d’aborder le développement sous cet angle.

Les jeunes avaient besoin de s’entendre dire autre chose. Quelque chose qui les interpelle directement. Il fallait leur expliquer qu’il faut bouger, avancer, se développer. Se bouger le cul, pour parler franchement ! Et que si l’on reste assis sur ses traditions, si on ne bouscule pas un peu ses grands pères, (en s’en excusant, bien sûr, car en Afrique les grands pères sont très respectés - trop, même, pour tout dire, au regard justement des nécessités du développement), on n’avance pas.

Il fallait leur glisser dans l’oreille qu’il leur faut dire gentiment à leurs grands pères que certaines de leurs traditions ou savoir-faire sont obsolètes, qu’il faut les abandonner, opter pour les technologies nouvelles. Qu’il faut être dynamiques, aller de l’avant, prendre des risques, et pour ce faire, laisser au vestiaire quelques acquis du passé. Voilà la clef du développement.

C’est beaucoup plus ce genre de mots que les jeunes attendaient. Eux qui n’avaient pas en mains, ce jour là, des livres d’histoire sur la colonisation, mais des ordinateurs, des portables sophistiqués, des manuels de marketing, d’ingénierie, d’audits financiers, ….

Pour une fois qu’un président français qui s’adressait à des étudiants africains était lui-même jeune, on pouvait espérer qu’il saurait leur tenir des propos jeunes, modernes, en termes de marketing, de business, de progrès, qui les aident à exploiter leurs connaissances, les idées nouvelles, et pour ce faire, prendre un peu de distance vis-à-vis des sacro saintes traditions qui, il est vrai, leur collent un peu trop à la peau.  … Et bien non. Il leur a tenu des propos d’une autre époque, ridicules, dépassés, bêtes, et pour finir, méchants.

Les occasions d’entrer dans l’histoire sont sous tendues par une dynamique d’action, de pro activité, comme diraient les développeurs, une dynamique de mouvement, de réaction, de survie, de création de richesse, d’invention, … la liste est longue de tout ce qui conduit une nation à avancer, à se développer. Voilà le cœur de la problématique qu’il fallait évoquer dans ce discours. La réponse était dans le texte, mais le petit président français ne l’a pas vue !!!

Dommage.

(image empruntée à Reuters)

Le paradoxe du retraité

Publié le 11/04/2012 à 01:30 par juliendesfaunes Tags : retraité jubilacion
Le paradoxe du retraité

Il y a une grosse confusion sur ce qui se passe quand, aux alentours de 60 ans, une personne arrête de travailler. On dit qu’elle prend sa retraite, c’est classique et facile. Mais qu’entend-on par là au juste ? Prendre sa retraite c’est quoi ? Ca veut dire quoi ? C’est très trompeur comme situation, car dans l’entendement commun, cela sous entend plus de choses négatives que positives. Les hommes et les femmes, au seuil de la retraite, flippent à l’idée de quitter leurs collègues de travail, de se retrouver à la maison toute la journée, avec bobonne, pour les uns, ou avec papi, pour les autres, donc ils paniquent. Il est vrai que bien des hommes et des femmes s’inquiètent, à ce moment là, s’ennuient, et de ce fait, stressent, et meurent. Julien, pour sa part, a horreur du mot retraite. Cela lui rappelle la Russie, la retraite des armées napoléoniennes, le froid terrible, le pipi qui se transformait en glace et, si vous imaginez la situation, le stalagmite qui se formait entre le bout des zigounettes des soldats et le sol ! Ce n’est pas son truc.

Alors soyons clairs, si l’on s’est arrêté de travailler, si l’on donne l’impression de s’être retiré des affaires, ce n’est pas pour autant que l’on doit s’installer dans cette attitude négative ! Pourquoi en serait-il d’ailleurs ainsi ? Est-ce qu’on est réellement retiré des affaires ? Est-ce qu’on se considère comme un retraité ? Que l’âge des intéressés le fasse penser, convenons-en, mais qu’il en soit systématiquement ainsi, alors qu’il ne peut s’agir que d’un changement d’activité, non, non et non !

Il y a beaucoup de confusion dans cette appréciation du statut des gens qui ont arrêté leur travail, et donnent à penser qu’ils sont définitivement installés dans une forme de retraite qui, pour beaucoup, va les conduire au stress du retraité qui, le saviez vous, est la seconde cause de mortalité chez les plus de 60 ans !

« Alors on prendrait sa retraite pour quoi ? »

« Pour mourir ! »

« Non merci ! »

« Mais alors pourquoi s’installer dans une peau de retraités sans projet de vie autre que de s’emmerder, de ressasser le passé, de s’emmerder et de se morfondre ?»

Ils n’ont pas le choix,diront certains, mais le problème ne viendrait-il pas du fait qu’ils ne se sont pas préparés, qu’ils paniquent à l’idée de changer de vie, de rythme de vie, de gagner moins, incapables qu’ils sont d’analyser la situation et de comprendre qu’ils dépenseront moins, du fait qu’à la retraite on a moins de besoins, donc que leur baisse de revenus ne sera pas une catastrophe. On oublie que, pour gagner son salaire, il fallait dépenser, se déplacer, bouffer au restau, prendre le bus ou le train, etc., etc. Ceux là qui se plaignaient de leur boulot oublient aussi qu’ils vont enfin en sortir et pouvoir faire autre chose de plus sympa. C’est le moment du changement, le bon changement, qu’il faut bien gérer. Le changement c’est maintenant. OK, François, on va changer de vie.

« Savez-vous d’ailleurs comment on dit retraite en espagnol ? »

« Non »

« Jubilacion »

« Et bien voilà des gens qui ont tout compris ! ».

Voilà une belle façon en effet d’appréhender cette période de vie. C’est mieux que retraite, non ! On devrait y entrer avec jubilation, changer de cadre et de façon de travailler, s’engager dans de nouvelles activités, sans contraintes, sans horaires fixes. Avec jubilation. Et puis, cerise sur le gâteau, il faut aussi rappeler qu’avec la retraite, il y a une petite manne qui tombe du ciel, chaque fin de mois. Ca, bien sûr, ça change tout. Qui n’a pas rêvé d’être rentier dans sa jeunesse ? Et être retraité, n’est-ce pas être rentier ?La retraite peut durer 20 ou 30 ans, et même plus. Ce n’est pas rien, une telle durée ! C’est une tranche de vie à part entière, si l’on se débrouille pour la rendre plus belle que la période pendant laquelle on a travaillé avec plus ou moins de plaisir, selon le cas. Il ne faut pas prendre la retraite dans son entendement négatif, et encore moins militaire, comme trop de gens ont tendance à le faire. On ne se retire pas, on ne rentre pas bredouille à la maison. On change de cap. C’est tout. On prend le large, on se la joue tranquille, on profite de la manne mensuelle pour faire ce que l’on a envie de faire, rentable ou pas, payé ou pas. On s’en fout. On jubile. Il y a mille choses à faire quand on arrête le boulot, quand on a 20 ou 30 ans devant soi.

Julien pour sa part, a donné l’impression d’avoir pris sa retraite, quand il a quitté son dernier travail. Mais ce n’était qu’un alibi, ce que d’aucuns ont parfaitement compris. Il n’a fait que s’arracher à une situation qui le détruisait pour se glisser dans une nouvelle vie. Il n’avait d’ailleurs nulle envie de prendre sa retraite, ni aucune obligation de le faire. Il fallait qu’il fasse une pause, qu’il arrête même, car il n’aurait pas été honnête de sa part de continuer au sein du Projet dont il avait la charge. Il y avait décalage. Trop de choses allaient à l’encontre de ses convictions. Julien s’est battu pour que cela change, mais sans succès. Il était fatigué, déçu, alors il est parti. Mais rassurez vous, il a d’autres cartouches dans sa besace. Et puis il a envie d’écrire.

Tous les prétendus retraités qui ont voyagé, fait des trucs fous, rencontré des gens étonnants, mangé des produits bizarres, vu des choses inimaginables, devraient puiser dans leurs souvenirs, en extraire les plus belles histoires, les plus folles, les plus inimaginables, et écrire. Ils peuvent écrire la nuit, se coucher et se lever tard, ils peuvent écrire dehors, au bistrot, dans les arbres, n’importe où. Ils peuvent piquer les histoires des autres, comme Papillon. "L’important c’est de participer". Ici l’important c’est de raconter. de tout se dire, pour de vrai, pour le fun, peu importe. Avec jubilation.

Pour le Blog de Julien, rappelons-le, toutes vos idées sont les bienvenues, vos commentaires sur les articles publiés, et vos propres textes qui seront publiés dans le blog. Envoyez les à : juliendesfaunes@yahoo.fr. A vos claviers.

 

Le mendiant

Publié le 06/04/2012 à 00:00 par juliendesfaunes Tags : mendiant dakar ong
Le mendiant

Ce jour là, Julien est à cran. Il sort du bureau, ruiné par ces inévitables et infernaux marathons administratifs qui vous démolissent le plus motivé des responsables de projets. Tout au moins ceux qui pensent que les résultats de leur travail ont un sens, et que la démarche et les procédures administratives qui permettent de mettre en œuvre leurs actions de développement ont pour raison d'être d'en faciliter la mise en œuvre. Mais dans le Système dans lequel travaille Julien, on a l'impression que c'est le contraire. Les agents administratifs ne se soucient pas des résultats, et encore moins des conséquences de leurs actes, blocages des documents, rejet des contrats pour des pacotilles, refus de tel ou tel Bon de commande ou autre paperasse qu'un peu d'intelligence de la situation pourrait aider à conduire à ce pour quoi il a été élaboré. Alors ils pinaillent, bloquent des dossiers, mettent en péril la faisabilité des activités longuement préparées.

Julien marche dans les rues de Dakar, comme un robot, les yeux dans le vague. Il connaît son chemin, et ce sont quasiment ses pieds qui le guident. Il marche droit devant lui, l'esprit ailleurs, dans un brouillard moral où l'on ne sait plus vers où l'on se dirige ni à quoi on pense vraiment. Il est fatigué.

Au coin de la rue Jules Ferry, juste derrière le Centre culturel français, il tourne de manière mécanique, comme conduit par un ange gardien qui le ramène chez lui. Et là, dans la rue Blanchot, il tombe sur un mendiant assis par terre sur le trottoir, jambes tendues, comme tous les mendiants. Julien n'a pas le temps de réagir, emporté par son élan, pense qu'il va heurter le vieillard, le blesser ou se blesser lui-même, tomber, et provoquer un de ces inévitables attroupements que suscitent tout accident ou incident urbain.  Mais il ne tombe pas. Il s'arrête, debout, immobile, totalement éberlué. Il regarde le mendiant, assis au sol, tranquille, sans réaction, qui ne dit rien, ne lui demande rien.

Il ne comprend rien, ou bien si, il comprend qu’il est passé à travers le mendiant. Il est médusé, se retourne encore, regarde encore le mendiant, ses jambes, le petit gobelet avec les pièces de monnaie, tout est en place !

Julien ne sait plus où il en est. Dans un rêve éveillé qui le conduit du bureau à la maison ? Mais non ! Il est bien là, dans cette rue qu’il connaît par cœur, à ce coin de rues qu’il dépasse chaque jour. Cette situation le tarabuste. Et soudain il comprend.

Il n’y a pas de mendiant. Ou bien si, il y en a un, mais virtuel. Et pourtant, il a l’air tellement vrai ! C’est donc un hologramme, se dit-il, ou quelque chose de ce type. Il l’observe discrètement, et le mendiant bien sûr ne s’en rend pas compte. Il est programmé pour se comporter de façon ordinaire, raison pour laquelle il ne s’est pas plaint du fait que Julien lui a marché dessus.

Vous imaginez la réaction ! « Mais monsieur, vous m’avez traversé le corps ! Vous auriez pu vous excuser ». Il doit être commandé à distance, par un habile technicien confortablement installé dans une tour de contrôle. Julien cherche autour de lui, dans les rues avoisinantes, il en compte plus de dix, ce jour là, qui, en tout état de fait, sont virtuels eux aussi.

Il en dénombrera une centaine dans les jours qui suivent. Il n’en revient pas. Il en profite pour oublier le stress du travail et se mobilise sur la cause des mendiants, mais pas tout à fait comme on pourrait l’imaginer. Il ne cherche plus un mendiant, ou cent mendiants, mais une machine infernale, un système savamment élaboré, avec la complicité, sans doute, de quelques voisins, boutiquiers ou autres. Son observation s'affine. Il progresse et finit par comprendre comment ça marche. Les gobelets sont déposés le martin sur le trottoir, à un emplacement précis, au centimètre près. Il y a d’ailleurs une petite marque sur le sol, comme sur les scènes de théâtre. Les gobelets sont là, devant les mendiants, en dur, pour de vrai, et vers 17 heures des enfants passent et les ramassent. Chacun provoque un petit mouvement autour du mendiant, et hop, le mendiant  disparaît. Julien a compris le stratagème.

Il y a quelque part une machinerie qui commande tous ces mendiants, avec des projecteurs lasers positionnés sur des façades de magasins, qu’il a d’ailleurs repérés, mais n’a pas joué à les empêcher de fonctionner. Il ne veut pas inquiéter celui qui les commande à distance. Il faut qu’il remonte jusqu’à la centrale, d’abord, jusqu’au magicien qui a créé tous ces mendiants.

C’est une fantastique opération, il faut le reconnaître. Et le comble, dans tout cela, c’est de se dire que si tous les mendiants étaient virtuels, car pour tout dire, il y en des milliers en chaire et en os, bien vivants, pauvres, ou tout au moins on l’imagine, car certains d’entre eux sont connus pour avoir accumulé de sérieux pactoles, à leurs coins de rues respectifs, si donc tous ces mendiants étaient virtuels, alors les ONGs qui se fondent leurs actions sur l’amélioration de leur situation auraient de la bile à se faire.

A moins que ce soit l’une d’entre elle qui soit derrière cette vaste machination. Mais ça serait quand même un peu gros, même si ses responsables ont dans l’idée de couper le courant un jour, et d’annoncer le lendemain qu’ils ont éradiqué le problème de la mendicité à Dakar. Ce serait d’une efficacité redoutable, certes, appréciée par les auditeurs et autres évaluateurs, mais un suicide annoncé pour les responsables de ladite ONG.

Julien poursuit ses recherches.

 

Comment tu t'appelles ?

Publié le 05/04/2012 à 19:45 par juliendesfaunes
Comment tu t'appelles ?

Nous pourrions tous porter un autre prénom que celui que nous portons. Julien, pour sa part, aurait pu s’appeler autrement que Julien, c’est clair. Un mec qui naît dans un grenier, on peut tout imaginer à son propos.

Il aurait pu s’appeler Emile, par exemple, comme son pote Emile que son père a appelé Emile qui n'est pas loin de celuide Jean Jacques Rousseau. A huit ans, le petit Emile découvrait combien les frontières de l’éducation étaient poreuses et qu’elles laissaient les petits garçons s’envoler dans le ciel et se fondre dans les sables du Sahara. Emile est parti dans le Sahara. Avec Julien. Loin de son village, de ses parents, de son école. Laisser partir son fils de 8 ans dans le désert avec un mec sorti tout droit d’un grenier, il fallait qu’ils soient un peu fous ses parents ! Mais non, ils étaient grands ! C’est tout.

Julien pourrait écrire unlivre sur les aventures d'Emile dans le désert : quand il courrait dans les dunes avec Mohamed (Mohamed zoub, comme Julien l’appelait ! Vous imaginez à la suite de quelle discussion philosophique en traduction simultanée, il a été surnommé ainsi !), quand il grimpait sur les collines et faisait le pitre au bord des falaises, à en faire pâlir Julien d’angoisse; le jour où il a fondu en larmes au sommet du Hoggar en expliquant à Julien qu’il avait envie de faire caca ! Comme s’il y avait un problème à le faire, alors que l’espace lui appartenait. A Ghardaïa Emile s’est laissé glisser dans les vapeurs du hammam avec lesenfants de Moussa, qui l’avaient pris sous leur coupe. L’Emile de Julien avait rejoint l’autre, celui de Jean Jacques.

Julien aurait pu s’appeler Guillaume, comme Guillaume Foy, un négociant bordelais qui a fait fortune dans le commerce de la gomme arabique sur le fleuve Sénégal, au 19ème siècle. Julien qui restaure la maison que cet homme d’un autre temps a construit il y a près de deux ans, se plonge dans son histoire comme si c’était celle de son arrière grand père. Julien aime la maison de Guillaume Foy dont il a entreprise la restauration depuis quelques années. Il va jusqu'à fouiller les cimetières et archives de la Région pour savoir comment ce Guillaume là est arrivé dans ce coin perdu du Nord du Sénégal. Il pense à la Méduse et à ses passagers qui rejoignaient Saint louis du Sénégal avec ce bateau dont l’histoire s’est arrêtée un jour sur les côtes mauritaniennes, dans le ban d’Argun, laissant ses passagers à la dérive, les uns sur un radeau, les autres à pieds, les autres noyés au fond des eaux de ce banc plus connu aujourd’hui pour sa poutargue, une sorte de caviar fabriqué à base de laitance de mulet, fumée.

« Mais est-ce que les ancêtres des mulets d’aujourd’hui n’auraient pas bouffé les fameux noyés du 18ième siècle, et est-ce que les mulets d’aujourd’hui …. » Non, non, non, vous déconnez. Ca c’est une histoire à la Vincent Roca qui ne mange pas de câpres depuis que son ancêtre décapité pour une sombre histoire a été enterré dans un champ de câpriers. Sous un câprier, si vous voyez l’image, donc avec des racines qui lui plongent dans les tripes, et les câpres qui …..

Julien aurait aussi pu s’appeler Guillaume comme ce petit prince suisse qu’il a rencontré par hasard sur la place de son village, en Provence, dans un cirque presque imaginaire, tellement faux qu’il en devenait plus vrai quenature, magique. Un petit cirque dont les altères, les poids, les couteaux étaient en papier mâché, l’ours en peluche, le singe en tissus. Ce petit prince que Julien a porté sur ses épaules au bord du Rhône, en pensant au Roi des aulnes de Michel Tournier. Ce petit prince que Julien a aimé comme le petit frère qu’il n’a jamais eu. Et qui le lui rendait bien. Un Guillaume qui s’est aussi appelé Tadzio, quand il jouait "Mort à Venise" au grand théâtre de Genève.

Il aurait également s’appeler Guillaume comme celui qui partageait sa maison en Provence, qui pensait que la meilleure des choses à faire de la vieille citerne, pour laquelle toutes sortes de fonctions nouvelles avaient été imaginées, c'était tout simplement d’en faire une citerne. Ce Guillaume Lecasble là, qui a eu le culot, dans un de ses romans, de nous faire croire qu’un homard avait fait l’amour avec une passagère du Titanic, pendant le naufrage, et qu’en plus, il avait fini sa vie àParis,chez un tatoueur, sur les quais de Seine.

Certains psychologues et autres psycho généalogistes prétendent que les prénoms ne sont pas donnés par hasard. Allez savoir ! Et que dire des noms de famille, ils nous sont aussi prédestinés ! Prenez les Forestier, par exemple, Julien en connaît quelques uns. Ils ne s’appellent pas Forestier parce que leurs ancêtres étaient forestiers. Détrompez-vous, ça serait même trop simple. On désignait autrefois sous ce nom de forestier des villageois dont, sachant qu'ils n'étaient pas du coin, et ne connaissant pas leur origine exacte, on disait qu’ils venaient de l’autre côté de la forêt. On les a donc appelés Forestier. Voilà le fin mot de l’histoire. Ce n’est pas compliqué. On pourrait en dire autant des Montagnard, qui eux, n’auraient donc rien à voir avec la montagne, mais viendraient eux aussi de l’autre côté de la montagne. Pour peu qu’il y ait une forêt sur la montagne, ils sont mal barrés les pauvres ! Mais est-ce qu’il y a des gens qui s’appellent Montagnard ? Faudrait voir dans les pages blanches. Chez Google, il n’y en a pas. Et ces Forestier, contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, ils n’ont rien à voir avec les Silvestre, dont l’étymologie du nom, en latin (sylvester, sylvestris) signifie de la forêt.

Julien, lui, s’il devait sortir d’une forêt, et bien ça serait de La forêt des heures. Ah, la Forêt des heures, un immense conte de Jacques Coutureau ! C’est une merveilleuse forêt. D’ailleurs il n’est pas exclu que dans le grenier où il est né, la forêt des heures ait compté pour beaucoup dans ce vertige final qui a fait de lui le Julien des jaunes qu'il est aujourd'hui. Ceux qui en connaissent l’histoire ne sont pas près de l’oublier. La vieille renarde, le petit singe aufond du puits, les frères de leur sœur, l’ogre, le merle blanc « Tu vienschezmoi, je cherche des ongles pour monchat », et « la longue langue rouge comme les tapis que l’on voit dans les mairies le jour où les gens se marient ».

Bon, mais finissons-en. Julien s’appelle Julien C’est tout.

Et vous d'ailleurs, pourquoi vous vous appelez Johannes, André, Gilles, Vincent, Patrick ?

Vous auriez pu vous aussi vous appeler Julien, Lucien, Guillaume, Léon, ou Mathias. Et même Anthelme, ou Racine ! Et plus fort encore, Usthiax ! Mais des Usthiax, il n'y en a qu'un.

 

Les loups

Publié le 05/04/2012 à 19:23 par juliendesfaunes Tags : hancq chimpanze loups basalpins berger
Les loups
Julien aura l'occasion de raconter pas mal de choses. "De tout raconter ?"Non, faut pas déconner, on ne peut pas tout raconter. Et puis on ne peut faire croire non plus que tout ce qu'on raconte, on l'a vécu, ni raconter tout ce qu'on a vécu ! Sinon les problèmes vont suivre. Disons que Julien aura l'occasion de se glisser entre réalité et fiction, entre sa réalité et celle des autres. Mais dans tous les cas, ça sera chaud, pimenté, du genre Voyage au bout de la faune. Pas du glauque, comme l'autre, au bout de la nuit, non, du sympa, du qu'on a envie de recommencer, d'y retourner, sur quoi on se fait quelques kilomètres de rêves éveillés, et même des rêves tout court. Du chaud, du pimenté, du Sud, de la forêt, façon façon quoi, comme on en lisait dans Actuel à la belle époque, ou sur les ondes d'Europe n°1, quand elle faisait ... de la radio, comme seule France Inter essaie de le faire un peu encore aujourd’hui, au milieu de la soupe radiophonique ambiante.
Julien se souvient, et certains d'entre vous s'en souviennent peut-être aussi, que, petit, il écoutait Europe 1 un fou furieux dont il a oublié le nom, un étrange personnage s'il en est encore, qui racontait des histoires de voyages totalement folles et mystérieuses. Avec un drôle d’accent, d’ailleurs. Et il nous embarquait carrément loin ce con ! A la nuance près que le bonhomme en question, Julien l’a appris beaucoup plus tard, il enregistrait ses émissions dans un studio parisien. Mais revenons à la faune de Julien, la vraie, celle qui sent la bête, qui fait peur, ou qui se vautre contre vous et vous réconforte.
La faune de Julien ne niche pas dans l’imaginaire de journalistes en mal d'aventures, ou d'épiciers de l'aventure (on en reparlera). Elle est dans la forêt, dans la brousse profonde et mystérieuse. Mais elle est aussi, parfois,dans les taillis bas alpins.
"Ah bon ! Mais qu'est-ce qu'ils viennent faire ici ceux-là" Ne vous étonnez pas, à ce propos, et n'allez pas trouver cet adjectif désuet, surtout, ou pire, obsolète. Il a sa raison d’être, vous allez le comprendre, et en plus il sent bon la truffe. Ah la truffe ! On y reviendra plus loin !
Pour tout dire, il n’existe pas de qualificatif pour désigner les habitants des Alpes de Haute Provence, aussi ne faut-il pas trop vite jeter les Basses Alpes dans les poubelles de l'histoire de France. Les gens du coin, eux, ils continuent à se considérer comme des « bas alpins ». Et les loups aussi.
C'est comme les crocodiles sacrés au Burkina Faso. Tout le monde sait qu'ils sont sacrés, sauf eux. Donc, la faune de Julien, puisque c'est d'elle que nous essayons de parler aujourd'hui, la vraie, au sens exact du terme, avec des poils, des grandes bouches et des grandes oreilles, elle est peuplée de biches cochon qui courent la nuit comme des lapins dans la forêt vierge, au Cameroun.
Julien l'a compris à ses dépends la nuit où, accompagnant un pygmée dans une chasse à la biche cochon, histoire d'alimenter la famille pour quelques jours, il s'est retrouvé seul dans la forêt vierge après que la pygmée ait filé comme un lapin aux trousses de la biche cochon qu'il venait de tirer. Julien n'eut d'autre choix de le voir disparaître dans la nuit noire, et s'y retrouva seul, quelque peu paniqué, vous pouvez l'imaginer.
Elle est peuplée de chimpanzés et de gorilles et autres serpents, mangoustes, pitons royaux, porcs-épics, perroquets, avec qui Julien a vécu quelques mois, chez Emile Hancq, à Yaoundé, et chez lui à Garoua. Ah, Emile Hancq, un autre animal, celui-là ! Il faudra bien en parler un jour, mais c'est une immense histoire. Ce n’est pas le Hank de Charles Bukowski, non, c’est un français bien de chez nous qui vivait au Cameroun et sur qui il aurait fallu écrire un livre. Chez Hancq, à Yaoundé, Julien n'avait pas besoin de réveil matin. "Mais quel rapport avec les animaux ?", pensez-vous. Et bien imaginez qu'il n’est pas banal de dormir à côté de 300 perroquets qui, le matin, racontent et chantent tout ce qu’ils ont enregistré les jours précédents. Et ce, dans leurs répertoires respectifs.
La faune de Julien est peuplée de patas du Sahel, ces petits singes beiges et blancs plus rapides que l’éclair, qui, comme leurs coreligionnaires, n’ont pas de sphincter.
Ca vous parait bénin qu’ils n’aient pas de sphincter ? Pourtant ça ne l’est pas tant que cela. Demandez à Olivier, le cousin de Julien, l’impression qu’il a ressenti quand le pata que Julien avait rapporté du Camerounet donné à ses potes musiciens lui a lâché une colique lactus et intenable entre les pieds, au fond de son duvet, une nuit d’hiver dans le Berry !
Côté singes, la faune de Julien compte aussi deux femelleschimpanzés qui vivaient chez lui. La première s'appelait Victoire, c'était un bébé chimpanzé que Hancq lui avait donné, tellement petite qu'il fallait la nourrir au biberon. Son amie Dominique, une vépette infirmière, l'avait en horreur, tant elle lui semblait humaine, mais toute horrifiée qu'elle était, Dominique l’a pourtant nourrie, la petite Victoire, et ce pendant dix jours, avec des perfusions, pour la sauver d’une déshydratation aigue. Et elle a réussi.
La seconde s'appelait Sophie, elle avait 4 ou 5 ans et était déjà costaude quand Julien l’a récupérée. Celle-là, c’était un phénomène ! Elle regardait Julien réparer sa cage, puis à son tour elle s’emparait du marteau et plantait des clous avec un marteau, rigolait comme une folle quand on la chatouillait, versait en ronchonnant son coca dans un verre, avant de le boire, quand Julien lui faisait remarquer qu’il n’était pas correct de boire à la bouteille. Il lui arrivait de vider des bouteilles de whisky, à la maison, ou chez les voisins, avec pour conséquence rapide qu’elle était ivre jusqu’à s’écrouler devant le chien en essayant de lui attraper les oreilles. C’était un boxer donc l’exercice était facile, direz-vous, sauf que d’habitude elle les lui tirait vraiment, ses oreilles. Mais ces histoires d'animaux d'Afrique sont trop nombreuses et longues à raconter pour s'y éterniser aujourd’hui.
Restons sur le plancher de nos vaches et de nous moutons. La faune de Julien est aussi peuplée de renards et de lapins, que l'on découvre la nuit dans les phares des voitures, quand ce n'est pas celui qui a le culot de pointer son nez carrément dans le vieux village, de temps en temps, ou des cerfs qui brament le soir au Largue, à deux pas de chez sa copine Chantale. « Alors là, avec une phrase pareille, il y a de la contrepèterie dans l’air, mais bon, on vous laisse la trouver ».
Tout cela pour dire que dans la faune de Julien il y a aussi desloups, ceux que l’on a réintroduits ces dernières années dans les montagnes autour de son village, et qui, disons le franchement, emmerdent les bergers. Du plus rustique au plus écolo. Car quand même, il y a des limites à la nostalgie. Julien se promenait un jour avec son amie Dominique et ils ont rencontré un berger qui gardait ses moutons dans les hautes plaines de quelque part. Dans tous les villages de Haute Provence il y a des hautes plaines, donc ne cherchez pas, on ne vous dit pas où c'est sinon vous viendrez casser les pieds de nos loups. Rien de plus banal, direz-vous, encore une fois, sauf que le berger leur a parlé desloups de très belle façon. « Lesloups, leur a-t-il dit, ils sont là, tout près, là haut, dans la montagne de Lure. Les gens de la préfecture nous ont donné des chiens dressés, soit disant, pour écarter lesloups ? Mais peuchère, ils sont peureux ces couillons et quand les loups s’approchent trop près, ils s’enfuient ». Et le berger de continuer avec ses histoires deloups. « Vous savez, nous, quand on trouve un mouton écorché vif, on sait tout de suite si c’est un loup qui a fait ça. Car lesloups, quand ils attrapent un mouton, ils lui déchirent le ventre pour chercher les abats, car c’est les abats qu’ils aiment. Et ils s’en gavent jusqu’à l’indigestion. Ensuite ils bouffent une herbe particulière qui calme plus ou moins l’indigestion, mais qui, pour tout dire, ne les empêche pas d’attraper des diarrhées immédiates. Du coup, ils laissent derrière eux des défections rouges qui nous permettent de savoir que c’est bien un loup qui a bouffé nos moutons. Car cette fameuse herbe a la particularité de colorer la merde du loup en rouge.Donc pour tout vous dire, les écolos et le gouvernement, ils nous emmerdent avec leurs loups ! »
Julien aime raconter sa faune commeJean Richard, humoriste avant de créer son cirque et d’incarner Maigret sur nos petits écrans. Ceux qui s’en souviennent, comme Julien, qui l’écoutait, petit, sur le disque 33 tours de ses parents, n’ont pas oublié « le savon de Marseille, fait merveille, y rajeunit», ni l’explorateur qui crapahute dans la forêt tropicale avec ses porteurs, et sa femme aussi, à propos de laquelle il dit : « Cet animal si fidèle qui ne me quittait pas d’une semelle, ..... , c'était, …. ma femme ». Et puis à propos de la caravane des porteurs, dans la forêt, il raconte : « J’me r’tourne ! Manque deux porteurs ! Bouffés par un lion ! ».
Bon, finissons-en, leschimpanzés, les biches cochons, les perroquets, les renards, lesloups, ça nous mène à quoi tout cela ? Ca ne méritait pas tout ce charabia, devez vous penser.
Au moins, si vous rencontrez Julien et qu’il vous raconte ses chasses à l'ours, vous saurez à quoi vous en tenir. Remarquez, si vous lui parlez des crapauds buffles d'Afrique, et bien vous serez surpris d'apprendre qu'il s'agit en fait de grenouilles, au départ, qui se faisaient tellement bouffer en Europe qu'elles ont émigré en Afrique, et que pour ne plus se faire remarquer, elles font maintenant la fine bouche. Vous connaissez l'histoire de la grenouille à grande bouche ? Non ! Et bien tant pis.
D’ailleurs c’était quoi l’objet de cet article ? Les dahus ? Non, lesloups !

www.dieu.fr : le site à l'envers

Publié le 05/04/2012 à 19:09 par juliendesfaunes Tags : dieu philosophie da vinci code foi
www.dieu.fr : le site à l'envers

Il arrive parfois qu’au détour d’une phrase, dans un livre, on tombe sur la phrase qui nous fait du bien, celle qui nous fait penser qu’on avait raison, qu’on pensait juste, celle que nous aurions aimé écrire nous même, celle qui explique très clairement ce que l’on pense soi même.

Julien en a trouvé deux, des phrases comme ça, qu’il n’a pas ratées. Une dans le dictionnaire, c’était facile direz vous, mais encore fallait-il avoir l’idée d’y aller, et l’autre dans Da Vinci Code. Là aussi il fallait avoir l’idée de lire ce type de livre qui a un peu côté littérature Mac Do.

La première phase c’est la définition de Dieu dans le Petit Robert : Dieu : n.m. (Déo, IXe-Xe siècles : deu, dieu, XIe-XIIe ; latin : deus). Principe d’explication de l’existence du monde, conçu comme un être personnel, selon des modalités particulières aux croyances, aux religions.

Le Petit Robert n’est pas un livre sacré, certes, mais quand même, c’est une sacrée référence. Et puis merde, à chacun sa référence, son livre saint, inaltérable, sain, exact. Pour Julien, c’est le petit Robert. Chacun son truc !

Et puis les Livres prétendument saints, il ne faut pas oublier que ce sont parfois les énièmes traductions de textes prétendus originaux, sans compter les versions apocryphes, ou bien une compilation de 5 ou 6 textes épars, soumis pendant 50 ans à l’usure du temps. Ca fait deux générations 50 ans, ça laisse du temps au temps, surtout quand les textes originaux ont été rédigés dans des dialectes rustiques et méconnus à l’époque. Donc faut pas nous prendre pour ce que nous ne sommes pas. Ou alors il faut vraiment avoir la foi pour imaginer que le livre est garanti saint à 100% ! D’ailleurs la foi c’est justement ça, non ? « L’adhésion à ce que l’on imagine être vrai, et que l’on ne peut pas prouver ». Cela nous amène tout droit à la deuxième phrase.

La deuxième phase, donc, on la trouve dans le Da Vinci code, de Dan Brown, pages 556 et 557 de la version Pocket, et voilà ce qu’elle dit. Ou plus exactement ce qu’il dit, car il s’agit d’une petite remarque du professeur Langdon formulée entre deux situations compliquées, comme toutes les situations vécues par les deux personnages clefs du bouquin :

« Ma chère Sophie, répliqua Langdon en souriant, toutes les religions du monde sont fondées sur des thèses fabriquées. C’est la définition même du mot foi – l’adhésion à ce que l’on imagine être vrai, et que l’on ne peut pas prouver. Toutes les religions, depuis celle l’Egypte ancienne jusqu’au catéchisme moderne, décrivent Dieu à travers des métaphores, des allégories, des hyperboles. Ce sont ces images qui permettent à l’esprit humain d’envisager ce qui est par définition inenvisageable. Les problèmes commencent lorsqu’on se met à croire à la lettre aux symboles qui ont été fabriqués pour illustrer ces abstractions »

Ces définitions confortent Julien dans la petite idée qu’il a de la chose. Mais il ne se fait pas d’illusion : le drame se noue ailleurs, partout. Il y a grosse matière à philosopher direz vous, et c’est d’ailleurs là dessus que les philosophes philosophent depuis des milliers d’années. Nous les philosophes de quartier, qui faisons de la philosophie sans le savoir, nous avons quelques idées sur la chose et de temps en temps nous les exprimons, nous les transmettons, les échangeons, les analysons. Le blog du Voyage au bout de la faune au service de la philosophie spontanée ! Pourquoi pas. Foin des anciens et nouveaux philosophes, place aux philosophes spontanés !

Le blog Voyage au bout de la faune, c’est comme au Café philo. On prend une idée et on s’y tient. La nôtre aujourd’hui, on ne l’a pas encore dit, mais on la devine : « C’est lui » « Lui qui ? », « Lui Dieu , bien sûr». Mais pas tout à fait le Dieu que les philosophes nous ont concocté, après les versions groupées, un Dieu branché, un Dieu sur la toile : «www.dieu.fr »

Car en réalité, Dieu a son site. Et le site de Dieu, c’est le comble du site, on va le voir, le site à l’envers, l’anti-site, le pionnier involontaire de la sitomanie. Vu sous l’angle de l’informatique, Dieu est le plus grand site Internet jamais conçu. Disons que depuis toujours il en préfigurait le principe.

Si on s’en était tenu à la seule création/existence d’un Dieu, la supercherie risquait d’être démasquée très vite. Il fallait bétonner tout de suite, en rajouter, copier, coller, ajouter des règles, préfigurer les cas de figures, ponde des phrases passe partout que l’on pourra adapter à toutes les situations, noyer le bébé dans le bain, si vous voyez le truc, mais sans le noyer vraiment. Et ça a marché cinq sur cinq ! Nous sommes donc allés beaucoup plus loin que la seule création des dieux, voire d’un dieu, lequel dernier se substitue aux précédents avec la bénédiction des prophètes intermédiaires. Nous l’avons enfoui sous une montagne de trucs en rapport direct avec lui, et on a recouvert le tout d’une couche de peinture tellement épaisse qu’elle nous aveugle totalement.

Et c’est comme ça que nous avons créé son site, juste après l’avoir créé lui. Et quel site !

Mais attention. C’est un site à l’envers : le virtuel est en bas et le concret en haut. Explications :

Prenons le Musée du Louvre par exemple. Il existe. En dur. Pour de vrai. Avec tous les matériaux qui ont servi à le construire, et avec tout ce qu’on y a mis dedans. Tout le monde le sait, et presque tout le monde l’a vu ou visité. Il est bourré de tableaux et autres sculptures, des caves aux greniers. On peut tout voir, ou presque, car il y en a autant dans les caves que dans les étages, paraît-il. C’est le plus grand musée du monde, quand même. Et le plus visité, quand même encore ! Mais ne peut pas tout comprendre pour autant, ni tout voir dans le détail.

Et tout naturellement, sur la base de cet extraordinaire accumulation de pierres, de tuiles, de tableaux et de sculptures, on a construit un site Internet, du genre www.louvre.fr dans lequel on peut tout voir, et même beaucoup plus. Car tous les détails que l’on ne voit pas en visitant le Louvre, et bien on peut les voir sur le site. Tout ce qui est dans les caves, tous les détails sur les sculptures, les tableaux, ce qu’il y a sous les dernières couches de peinture, des détails croustillants parfois sur la vie des artistes qui ont créé les œuvres qui y sont exposées, tout y est décortiqué, expliqué, agrandi, ….

Mais vous le savez bien, tout cet extraordinaire assemblage d’images et de textes n’est que virtuel. Vous retirez la prise et le site Internet du Louvre disparaît. Il n’existe plus. Exit le site www.louvre.fr ! Plus quedal. Et pire encore, on ne sait même pas où c’est parti. On ne sait d’ailleurs pas non plus où c’est en ce moment.

C’est un peu comme Pince mi et pince moi, vous la connaissez surement cette histoire : « Pince mi et Pince moi sont dans un bateau ; Pince mi tombe à l’eau, qu’est-ce qui reste ? » Dans notre histoire, quand le site tombe à l’eau, il reste le Louvre. Et on ne va pas s’en plaindre, car le Louvre on l’aime comme il est. On y tient, il est bien là. Ce n’est pas du vent.

D’ailleurs personne ne pense que le Louvre n’existe pas, et ne croit qu’il existe que sur la seule base d’une foi dans le Louvre. Vous suivez !

Et bien le site de Dieu c’est exactement le contraire. C’est l’anti-site, comme évoqué plus haut. On a inversé le virtuel et le réel. C’est fort, non ! Mais on n’a pas fait exprès. Internet n’existait pas à l’époque ! Explications :

On a pris le mot Dieu, l’idée de Dieu, le concept de Dieu, et puis on a construit sur l’idée de Dieu, une montagne de choses. Une montagne de choses que l’on pourrait représenter sous la forme d’une pyramide inversée. On lui a construit un empire, à notre bon dieu. Car tout cela relève souvent d’une sérieuse forme d’impérialisme, non ! Et là, on s’est totalement fourvoyé.

On a développé, en 3000 ou 4000 ans, un site géant, à l’échelle du monde, ou presque (il y a quelques rescapés), planétaire même (il y aurait semble-t-il une chapelle sur la lune), pour de vrai, en pierres, en bois, en bronze, en noir et blanc, en couleur, en 3G, sur des parchemins, du papier, des murs, des vitraux, empilées sur le sol ou déroulées sur le papier. On a caché c e qui dérangeait, dans les caves du Vatican où on ne sait où. On a créé des lois sympas, d’autres infernales, comme l’inquisition, le fondamentalisme, le terrorisme, l’exorcisme, le communisme (non, ça justement c’est complètement autre chose !), on a fait des guerres de religions, évangélisé, converti, baptisé, catéchisé, torturé, sacralisé, désacralisé, canonisé. On coupe même le bout de la zigounette de millions de petits garçons au nom de Dieu tout en proclamant que ledit Dieu a fait l’homme à son image et ce, parfaitement. Mais apparemment non, puisqu’il a raté la zigounette dont il faut couper le bout pour qu’elle marche mieux.

Sans compter les hommes et les femmes qui se sont investis dans l’organisation et l’exécution de tout cela, jusqu’à en vivre, en mourir, en faire leur tasse de thé, faire fortune, faire vœu de pauvreté, voire de chasteté, ………

Le site www.dieu.fr n’est donc pas virtuel, comme ceux d’aujourd’hui. Il est en dur. Très dur. Indestructible. A se demander s’il n’a pas pris la place de l’idée qui en a justifié la création. Vous imaginez la pyramide inversée ? Elle est géante. Béton. Indestructible. Et à l’origine, en dessous sur le dessin, il y a un tout petit truc de rien du tout, qu’on ne voit même pas, qu’on n’a d’ailleurs jamais vu : Dieu. Une simple idée, un truc de philosophes malins.

Si on enlève la prise, qu’est-ce qu’il reste ?

Voilà la bonne question !

Contrairement au site du Louvre, où, quand on enlève la prise il reste un fantastique musée, si on enlève la prise du site de Dieu, qu’est ce qu’il reste ?

Le site.

Rien d’autre ?

Non !

Ou alors si vous voulez, disons qu’il reste un rien virtuel.

Ca c’est fort !

Très fort.

Rien de rien, personne, pas de musée, pas d’entreprise, pas de directeur d’entreprise, rien. Juste un principe, comme dit le Petit Robert.

Et alors ?

Alors rien !

Disons que chacun peut interpréter ce site comme il veut. On peut penser que Dieu ce n'est rien que du vent, une simple idée. On peut penser que Dieu existe, même si, en tout état de cause, il a des allures très virtuelles. On peut aussi penser que Dieu c'est le site, donc tout ce qui a été dit et fait sur lui, et que ça c'est du dur, du concret. Et peu importe le reste.

C’est comme le mec qui voit un trou sur la route, arrête son camion, charge le trou dans le camion, roule, entend un bruit bizarre, regarde derrière, voit le trou tombé sur la route, recule pour le recharger, et tombe dans le trou.

 

Julien des faunes

Publié le 05/04/2012 à 18:55 par juliendesfaunes Tags : faune developpement andré gide zizous grenier hancq michel lancelot
Julien des faunes

Le mec qui vous raconte toutes ces histoires et qui vous invite à raconter les vôtres, de même qu'à échanger sur des thèmes d'actualité, en vous laissant porter par vos génies africains, c'est Julien : Julien des faunes. Il est un peu azimuté, mais bon, il faut bien l'être un peu dans la vbie, non ? D'ailleurs il est né dans un grenier, et à peine sorti de son grenier il est parti en Afrique, dans l'afrique profonde et mystérieuse, si vous voyez le tableau, ou au bout de la faune, si vous préférez, ce qui peut donner à penser qu'en effet, il a de quoi être azimuté !

On l'appelle donc Julien des faunes, mais bon, il ne faut pas non plus vous faire des idées trop tordues à son sujet. Il va bien et n'a pas fini de voyager car, voyez-vous, le bout de la faune, et bien c'est là, tout près. Il suffit d'y aller. Mais encore faut-il y aller ! On peut aussi plonger dans l'univers d'Actuel ; encore qu'Actuel n'existant plus, il faut bien trouver une alternative. Alors il vaut y aller, oser partir, partir, sortir des sentiers battus, en évitant les circuits touristiques et ne pas aller quelque part pour y être allé, se laisser porter par l’environnement, se glisser dans la réalité des choses, des autres, manger des crudités, rencontrer des gens, leur parler, les aimer.

« Quoi, les aimer ? Là vous y allez un peu fort ! » Penserons certains de nos lecteurs.

Mais non. Regardez Gide, qui a tant voyagé, et tant écrit sur ses voyages. Il écrit quelque part qu’un voyage n’a pas de saveur à ses yeux s’il ne lui donne pas l’occasion de vibrer à la beauté des lieux et des gens, des corps, à les désirer. On peut aller cent fois au même endroit, et s’y trouver bien, on peut aller cent fois au contact des mêmes artisans ou des jeunes en quête d’insertion, et trouver le même plaisir à discuter avec eux, échanger, partager ces petits espaces et instants de vie. De faune.

Remarquez, on peut aussi se l'inventer, sa faune. Il y en a qui le font très bien.

Julien, lui, est né dans un grenier, à un âge où l'adolescence laisse la place aux rêves, au désir de découverte, de voyage, de plongée dans le mystère des pays d'où l'on ne revient pas avec la tête posée sur les épaules de la même façon. Dans ses greniers bien réels, mais peut être imaginaires aussi, allez savoir ! Peu importe. Julien a découvert mille choses étranges dans ses greniers, au point d'y perdre la vie, ou presque ; la raison tout au moins. Mais non, pas complètement. C'est effectivement dans un de ses greniers qu'il a failli perdre la vie et est devenu Julien des faunes. Ce n’est pas rien de perdre la vie !

Il faut dire qu'avec quatre greniers sous la main, dont un dans un Palais féérique à Cannes, avec un jardin fantastique, chargé d’essences venues d'ailleurs, de fruits mystérieux, dont les nèfles que sa sœur lui dit un jour avoir vues et mangées en Algérie, ses zones secrètes et interdites, ses ascenseurs aux ambiances surréalistes, sans compter les animaux préhistoriques qui avaient fait un jour leur apparition dans une des grandes salles de la quatrième cage d'escalier, ou tout au moins leurs squelettes, mais quand on est petit on imagine facilement le reste, il y avait de quoi perdre quelque peu le sens de l'orientation entre le passé et le futur, les choses d'aujourd’hui et celles d'hier.

Avant son malaise dans le grenier, dont il est sorti vivant, certes, mais changé, changé en Julien, en Julien des faunes, vous l'aurez compris, il avait déjà vu et vécu toutes sortes de choses et de situations, dont une mariée qui s'était cachée dans une malle au soir de ses noces, selon la tradition roumaine, mais que personne n'a retrouvée, ce même soir, avant que Julien, à l’occasion de vacances roumaines, ne l’y découvre, dix huit ans plus tard, des tissus luxueux et du thé, que son oncle fortuné y avait cachés avant la guerre par peur des représailles allemandes, des feuilles de tabac qui séchaient depuis des dizaines d'années, avec lesquelles il a failli s'exploser les bronches, la prothèse de la jambe de son grand père, qui lui a presque sauté à la figure, des flacons de verre et des produits chimiques étranges qu'il aura plus tard l'occasion de manipuler, des peintures en poudre, étranges à ses yeux, dont certaines ressemblant à de la poudre d'or, et d'argent, des plans des guerres Napoléon, les dessins qu'un de ses aïeuls, son arrière grand père, le Général qui arpentait le Maghreb avec sa grand-mère, avait réalisé pendant sa formation à Polytechnique, des robes de sa grand mère dont il ne savait pas qu'un jour, dans la pénombre d'un labo photo, une stagiaire lui avouerait les avoir portées après s'être introduite clandestinement dans le grenier de ladite grand mère, via celui des voisins.

Il y a trouvé les deux épées de son arrière grand père, le Général, contrôleur des armées, encore lui, des fusils qu'il a eu l'étrange idée d'essayer avec ses cousins au risque d'y perdre la vie, et puis tellement d'autres choses. Il a mis le feu dans le grenier où il avait installé un petit labo de chimie avec le fameux matériel, et s'est trouvé penaud et en pleurs dans la salle à manger où ses parents recevaient des amis à dîner, dont son professeur de chimie ; lequel n'a pas manqué de le narguer au cours suivant, devant tous ses copains d'école.

Au sortir de ses greniers, Julien a plongé dans les entrailles de l'Afrique où il en a vu de toutes les couleurs. L'Afrique profonde et mystérieuse, noire et de couleur, comme disait Jean Richard. Il y a attrapé des maladies bizarres, dont certaines peu avouables, mangé du singe et du piton, des chenilles et des sauterelles, découvert avec Emile Hanq les gorilles, les pygmées et le safari quéquette. Ah le safari quéquette ! Une alternative au safari photo, vous l'aurez compris, ou au safari chasse, mais bon, avec un autre charme. Dans le même registre, il a inventé sur le tard, mais en connaissance de cause, le concept de zizou. Du nom d’un coquelet qu’on lui avait offert mais qui, pour cause de chants intempestifs, n’eut d’autre alternative que de passer à la casserole. Destins croisés.

Il a dormi dans des gourbis et dans des hôtels de luxe, a fait 14 km en marche arrière après s’être embourbé sure une piste trop étroite pour permettre de faire demi tour, s'est ensablé cent fois dans le désert, a provoqué et entendu le chant des dunes dans le Ténéré, côtoyé des esclaves en Mauritanie, joui à l’arrière d’un 4x4 du seul fait d’une caresse furtive dans l’enfer des secousses, navigué 12 jours sur le Nile, passé l'équateur au Zaïre, s'est retourné en land rover, a dessiné une maison pour le président Ahidjo, construit des maisons pour des amis et pour lui, serré les mains d’une douzaine de mineurs de la prison de Porto Novo, qui avaient tous la gale, mais ça il ne s'en est rendu compte après, il s'est fait doubler par une table dans une ruelle de Bamako, pieds en l'air, lors d'un orage terrible, il a côtoyé des apprentis, accompagné des centaines d’artisans dans des processus de réflexion utiles et constructifs, mais touché du doigt, également, la perversité de certains projets de développement, attrapé une hépatite virale au Niger, et il ne vous dira pas comment, volé un enfant dans le Sahel, frôlé la mort quand un ex tonton macoute haïtien en mal de voiture pour fuir la foule qui le pourchassait lui a tiré dessus, traversé le corps d’un mendiant à Dakar, un mendiant qui s’est avéré être virtuel, vous l’aurez compris, paniqué quand les offres de prix d’un vendeur de couteaux suisses qui marchait derrière se sont subitement transformées en un décompte diabolique qui lui a donné à penser que tout allait exploser.

Mais rendons à César ce qui appartient à César : Julien des faunes est un clin d'œil au Julien des fauves de Michel Lancelot, pour ceux qui s'en souviennent.Julien des fauves et Julien des faunes,Phrères simplistes des fauves et des faunes.Voilà la clef de notre affaire.

Le provocateur de ce blog

Publié le 05/04/2012 à 16:31 par juliendesfaunes Tags : julien des faunes afrique noire jardins de tangor podor rive gauche
Le provocateur de ce blog

Après une quarantaine d’année passées en Afrique, je me rends compte que j’ai vécu des choses que je n’aurais jamais imaginé vivre, rencontré des gens incroyables, bouffé des trucs de oufs, attrapé toutes sortes de maladies.Je vis aujourd’hui entre une très vieille maison  dans un village de Haute Provence, une maison  de style mozabite à Thiès, près de Dakar, au Sénégal, dans une résidence écologique (http://les-jardins-detangor.centerblog.net ) , et une maison bicentenaire dans le Nord du même Sénégal, à Podor, qui fonctionne en maison d'hôtes (www.podor-rivegauche.com ). Pour tout dire, je souffre d’utriquité.

Tout cela donne envie de se raconter, bien sûr, mais aussi de partager et de commenter avec les autres des choses que nous avons vécues et qui nous ont étonnés.Et pourquoi pas de philosopher un peu, d’aller plus loin, de rêver, de gamberger, en toute simplicité, spontanément.

C’est mon idée à travers le blog de Julien. Alors profitons des vapeurs africaines qui nous traversent l'esprit, portés que nous sommes par les guinées et les génies, pour raconter et échanger, et faire ensemble un petit voyage au bout de la faune.

Nous attendons vos commentaires sur les articles publiés, et aussi des textes sur des histoires vécues, des fictions ou des idées, que nous publierons sous forme d'articles dans le Blog de Julien.Envoyez les à juliendesfaunes@yahoo.fr

Je laisse la plûme à Julien, justement, Julien des faunes.Vous le connaissez ? Moi non plus ! Il vous en rappelle peut-être un autre ? Julien des fauves, celui de Michel Lancelot, notre phrère. Merci à lui pour ce qu'il nous a fait découvrir, de Campus au Grand jeu. Clin d'oeil !


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